Batch-cooking, faut-il vraiment s’y mettre ?

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batch cookingDans la liste des vraies-fausses bonnes idées autour de l’organisation familiale, le batch-cooking est en train de faire une percée significative. Faut-il pour autant adopter cette discipline culinaire ?

Si vous en avez marre d’entendre « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? », à peine la porte franchie, ou si on vous rétorque trop souvent « Encore des spaghettis ! », le batch-cooking pourrait peut-être vous sauver la mise.
Ce terme désigne la « cuisine par lots », une nouvelle manière de préparer ses repas à l’avance en cuisinant en une seule fois et plus. Car nos amis anglo-saxons qui ont lancé cette mode pensent à nous : il veulent nous faire gagner du temps, et si possible manger mieux. Nous connaissons tous les dégâts des plats préparés industriels sur notre santé : trop de gras, trop de sel, trop de sucre…et aussi de temps en temps de la gélatine de porc ou de bœuf ou de la poudre d’insecte. Beurk ! Rien ne vaut les petits plats préparés par maman – sauf quand celle-ci rentre vers 19h30 ou 20h. Un peu juste pour faire mijoter un bœuf bourguignon…
Le batch cooking, c’est LA solution qui va mettre tout le monde d’accord, et vous permettre de cuisiner chaque soir en 5 à 10 minutes, ce qui vous laisse donc le temps de profiter de votre soirée et de votre famille.
Mais pour en arriver là, il faut accepter de souffrir. Le batch-cooking, c’est un peu comme les révisions de maths, on y passe tout son dimanche après-midi !
En préparant le maximum de plats en même temps, on fait une économie de temps sur l’épluchage, la cuisson, la préparation. Dans l’industrie, ça s’appelle travailler en temps masqué – et autant vous dire que votre cuisine va se transformer en usine à gaz.
Je vous invite à chercher sur internet les blogs des déja-papesses du batch-cooking, qui cuisent dans leur four un poulet en même temps qu’une tarte aux pommes, ou qui font bouillir du quinoa pendant qu’elles épluchent des carottes de sable…

Sur le papier, ça paraît séduisant. Qui n’a pas rêvé de passer un minimum de temps en cuisine dans la semaine – et de profiter enfin de temps pour soi ? Dans la réalité, je suis davantage sceptique.
D’abord parce que cela place à nouveau les femmes (les principales cuisinières de la famille, ne nous leurrons pas) dans d’éternelles injonctions d’organisation et d’anticipation. Toutes choses néfastes pour la charge mentale. Ensuite parce que cela met encore plus de pression aux control-freak, ces perfectionnistes qui veulent avoir tout bon partout. Je vous avais déjà sensibilisés sur cette même tendance appliquée au rangement, ou à l’injonction de se lever tôt (un petit rappel ici)… Enfin, parce que malgré tout, c’est un gros investissement en temps – et en rangement.

Pour ma part, je ne suis pas prête à adhérer à ce nouveau dogme culinaire car je doute que l’investissement soit à la hauteur du résultat espéré. En revanche, il y a de bonnes habitudes dans le batch cooking, que l’on peut adopter séparément :
– décider à l’avance des menus de la semaine
Non seulement ça aide à s’organiser mais cela permet de faire ses courses en une seule fois – et en quantité raisonnable. On achète juste ce dont on a besoin. Simple et efficace.
– penser aux ingrédients qui peuvent se recycler dans une autre recette
En décidant des repas, on pense aux ingrédients que l’on peut placer dans au moins deux recettes. Avec un minimum de mise en oeuvre, le blanc du poulet va aussi dans une salade, le jambon finit dans des nouilles sautées, les restes de légumes dans un tian, les champignons dans une omelette…
– cuire à l’avance des bases qui peuvent dépanner
Une quantité de riz blanc, de boulgour, de lentille ou d’épautre déjà cuite se mélange facilement à différentes salades, en fonction des ingrédients qu’on lui adjoint : tomates, concombre, avocat, artichaut, tomates séchées, maïs, feta, mozzarella, champignons émincés… Ils peuvent entrer aussi dans la composition de poêlées de légumes (une base de céréales + des légumes en cubes donc vite cuits + une base de protéine : poulet, saumon, jambon, tofu…). Des carottes vapeur peuvent faire un accompagnement chaud (avec une pointe de cumin), ou une soupe express moulinée avec un peu de lait chaud et une touche de crème fraîche.
En revanche, je ne vois pas l’intérêt de couper à l’avance les légumes crus, qui vont perdre saveur et vitamines.
– cuisiner les plats principaux en plus grande quantité
Si tout le monde raffole de vos lasagnes, de votre blanquette ou de vos tomates farcies, autant ne pas se priver et en cuire suffisamment pour les congeler et constituer un dîner ultérieur – avec une salade verte.
– avoir des bases de dépannage dans son congélateur
Il s’agit là d’aliments bruts, et non préparés : carottes crues en rondelles, purée d’épinards, haricots verts déjà équeutés, fruits en morceaux… On les plonge dans l’eau bouillante et pendant qu’ils cuisent on prépare ce qui va les accompagner.

Enfin, je vous livre notre truc familial : déléguer un soir
Dans ma famille, il y a un soir où c’est un des autres membres (en fonction de son âge et de son autonomie) qui prépare. Sans contraintes ni limites. Mais pour cela il faut accepter de lâcher et de devoir attendre – ou de fermer les yeux sur le rangement de la cuisine. Rassurez-vous, tout finit toujours bien ! Et c’est tellement de temps gagné que ça n’a pas de prix ! Batch cooking or not, à vous de voir…

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