Où trouver le calme en ville ?

Circulation, bruits de klaxons, sirènes, conversations à tout va… En ville, le mouvement, l’agitation et le bruit dominent. La plupart des lieux extérieurs sont des lieux publics, animés et plus ou moins sonores. Alors, comment trouver, quand même, le calme lorsqu’on vit dans une ville ?

Difficile de sortir de chez soi en espérant trouver la tranquillité. Il n’y a aucun lieu urbain où l’on peut réellement s’isoler. En ville, même les espaces verts sont peuplés d’enfants joyeux et criards. Qui plus est, quels que soient les endroits publics que l’on fréquente, on s’y rend en général pour une activité précise. Il est rare qu’on aille quelque part sans être obligé d’y faire quelque chose – ou même de dépenser de l’argent. L’activité, toujours.
Si vous êtes en quête de paix, voire de silence, autorisez-vous à (re)visiter ces lieux que vous n’avez pas fréquentés depuis longtemps, avec une autre approche :

– les bibliothèques
Ce sont des lieux de calme et de travail par excellence. Vous n’êtes pas obligés d’être étudiant pour y séjourner, vous n’êtes pas obligés non plus d’être adhérents pour vous y poser. On y trouve facilement un fauteuil ou une table pour s’isoler, écrire, lire ou tout simplement buller.
La plupart sont aujourd’hui des médiathèques qui offrent films, musique, BD ou temps réservés aux conférences, aux contes ou à des ateliers. Plus simplement, on peut s’y asseoir pour lire, bien sûr – et consulter gratuitement des périodiques. Certaines ont désormais des cafétérias. Boire un thé et feuilleter sur place un magazine est très facile. On a cette sensation de s’extraire de la ville, et que le temps est suspendu.

– les musées
Leurs expositions temporaires nous attirent toute l’année dans une soif de culture. Mais certains musées se valent à eux seuls pour leur ambiance tamisée, leur décoration raffinée. Il est temps de revisiter les plus classiques, qui nous font changer d’époque.
A Paris j’aime tout particulièrement le musée d’Orsay, celui de la Vie Romantique, ainsi que le musée Jacquemart-André, le musée Guimet ou le musée Rodin. Leurs salons de thé, parfois dotés d’un jardin, offrent une halte bienvenue dans une ambiance élégante et feutrée, propice à la rêverie.
Je réserve une mention toute particulière au Jardin des Plantes, et à sa Grande galerie de l’évolution. La caravane africaine, aussi majestueuse que silencieuse offre un spectacle étrange. Contempler, figées, certaines espèces pour lesquelles le temps s’est arrêté offre une superbe méditation sur le caractère éphémère et relatif de nos soucis quotidiens.

– les serres
Ces espaces naturels plus confinés concentrent des espèces végétales remarquables ou représentatives. L’atmosphère y est chaude, voire humide – quasi fœtale ! Les bruits sont assourdis, comme étouffés par les structures vitrées. On n’a jamais la sensation d’être enfermé mais on goûte à la fois une promenade paisible et une expérience intérieure. Arbres, plantes et fleurs composent une palette colorée ; les odeurs et parfums y sont concentrés et souvent puissants.

– les aquariums
Bienvenue dans le monde du silence ! Poissons, mollusques et crustacés sont infiniment plus paisibles que nous. J’ai une vraie fascination pour les aquariums qui combinent la quiétude et la couleur. L’eau est omniprésente et les espèces marines rivalisent de grâce dans une polychromie enivrante. Les aquariums réveillent notre capacité d’émerveillement. On se sent immergé – souvent dans une certaine pénombre – avec parfois la sensation de redescendre profondément en soi.

– les cimetières
Les alignements de tombes sont souvent bordés d’allées d’arbres, de bosquets et de bancs. Rien de sinistre dans les cimetières urbains. Certaines sépultures elles-mêmes sont de véritables œuvres d’art, comme à Paris au cimetière du Père-Lachaise ou du Montparnasse, où se côtoient tant de personnages célèbres ou illustres. Quelle meilleure réflexion sur la vie que ces épitaphes doublement lapidaires, qui résument exploits et mérites ! Vanité, tout n’est que vanité…

– les lieux de culte
En dehors des cérémonies religieuses, les principaux lieux de culte sont ouverts à tous publics pour une visite curieuse ou culturelle. Ils invitent naturellement à la halte, au repos, au chuchotement. Chacun y respecte le silence de l’autre. Le besoin de recueillement n’est pas la seule raison d’y séjourner. On peut apprécier la solennité du lieu, sa fraîcheur, la pénombre ou le jeu des couleurs des vitraux et autres ouvertures où la lumière est savamment dosée. L’art y est souvent présent : ornements architecturaux, sculptures, fresques, retables, plafonds peints… La plupart mêlent musique et odeurs (encens, bougies…). Certains sont dotés de patios, jardins intérieurs – avec plans d’eau ou fontaines –  ou galeries qui invitent à une pause ou une promenade silencieuse.

Pour aller plus loin :
– La revue Les Inrockuptibles a évalué 10 lieux parisiens pour profiter du silence, où le niveau sonore est proche de 50 dB (contre 70 à 90 pour une rue parisienne courante).
– Le guide « Où trouver le calme à Paris », de Christophe Destournelles, Parigramme, 2015
– Guide des lieux de silence, Joachim Bouflet, Le Livre de Poche, 1997
– L’annuaire des lieux de retraite et de formation : https://lieux-de-retraite.croire.la-croix.com/

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