La recherche d’authenticité

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Nous nous attendions tous à ce que la pandémie et le confinement réveillent les consciences et amènent à des comportements collectifs nouveaux, plus respectueux des autres et de l’environnement. Si ce point ne paraît pas encore totalement établi, en revanche, de vrais changements s’amorcent à titre individuels. Beaucoup se sont déjà engagés dans une mode de vie en quête de l’essentiel.

Pendant le confinement, on a eu tout le loisir de comprendre – saisir même – ce qui était important et essentiel dans nos vies. Soudain débarrassés du superflu, voire de l’inutile, nos déplacements réduits au strict minimum, nous avons été nombreux à retrouver du sens et du plaisir dans des activités jadis jugés plus « primaires » : cuisiner, jardiner, bricoler, coudre, peindre, chanter, danser, jouer… Beaucoup ont mis leurs talents au service des autres : aider, partager, soulager, divertir… ont nourri bien des initiatives créatives.
Jamais non plus la reconnaissance n’a été aussi présente. En retrouvant la faculté d’exprimer la gratitude, la capacité à dire tout simplement merci, nous avons mis de côté fierté, orgueil ou nécessité de paraître. Les autres « comptaient ». Tout à coup, la gentillesse n’était plus synonyme de mièvrerie, elle faisait tout simplement chaud au cœur.

Dans le même temps, le « manque des autres » a permis d’identifier qui était réellement essentiel dans nos vies. Il en ressort aujourd’hui que lorsque la barrière des 100 kilomètres va sauter, c’est tout naturellement vers leurs familles que la plupart des Français vont se tourner. Et même si la cohabitation entre télétravail et continuité pédagogique n’a pas été simple dans certains foyers, beaucoup de parents ont apprécié de passer plus de temps avec leurs enfants – et inversement. Des petits qui n’en revenaient pas de voir autant leurs parents ! Enfin, parmi nos amis, nous savons désormais qui sont ceux qui nous ont le plus manqué – et avec lesquels nous allons apprécier de partager le premier « apéro post-confinement » (si ça n’est pas déjà fait)…
Que de prises de conscience en si peu de temps, et de « remises à niveau » !

Alors, ça et là, on voit s’amorcer des mutations :
– nous voulons consommer responsable
Nos achats sont nos choix. Que ce soit pour notre alimentation ou nos biens courants, on sent désormais la nécessité de n’acheter que ce dont on a besoin, et si c’est le cas, de privilégier ce qui est bon pour nous (sans causer de tort aux autres), solide, beau, durable, fabriqué éthiquement, éventuellement récupéré, produit localement, voire artisanalement – et si cela préserve des emplois près de chez nous, c’est encore mieux… Le « fait maison » (pain, gâteaux, produits d’entretien, cosmétiques, vêtements…) est source de bien-être- et plus seulement une lubie pour bobos en mal d’écologie urbaine…
– notre temps est précieux
Il semblerait que nous n’ayons plus envie gâcher ce temps pour ce qui n’en vaut pas la peine : conflits, activités inutiles, faux-semblants, relations sans intérêt, ambitions fausses, illusions de pouvoir, métiers vides de sens… Les plus jeunes ne veulent pas « perdre leur vie à la gagner ». L’équilibre vie professionnelle/vie privée, surtout si le télétravail s’installe, devient une priorité. Ça et là on sent poindre des envies de reconversion, d’orientation vers des métiers davantage porteurs de sens, plus humains – ou qui permettent de mettre en action les valeurs auxquelles on croit…
– notre environnement importe
Que ce soit le lieu où l’on habite, où le quartier ou la ville dans laquelle il s’insère, on voit bien que si l’on doit être confiné, autant que ce soit dans de bonnes conditions. L’accroissement du télétravail a manifestement créé un « appel vers la province » : les Parisiens (si décriés dans leurs comportements) ont des envies d’espace, de nature, des besoins de relations plus authentiques, dans une vie plus « vraie »… Lubie ou tendance lourde ? L’avenir le dira…
– nous aspirons à des relations sincères
Les réseaux sociaux (si décriés, mais tellement utilisés !) pullulent de ces contacts factices, surfaits ou qui font la part belle au paraître, à l’envie ou à la comparaison. Certains s’inventent des vies, ne renvoient qu’une image, désespérément creuse. Pendant le confinement, les comptes Instagram des pseudo-influenceurs ont connu des pertes notables d’audience. Leur côté vide et factice sautait désormais aux yeux : ils n’ont rien à dire. Nos amis, ce sont ceux que l’on est capables de mettre autour d’une table pour partager un bon repas et rire ensemble – pas ceux que l’on essaie de convaincre à coups de polémiques ou de fake news.
– nous voulons être nous-mêmes
Là est peut-être l’envie la plus profonde – et la plus ardue à réaliser : révéler qui nous sommes. Cela suppose de comprendre comment nous fonctionnons, ce que nous voulons vraiment, nos envies réelles, ce qui correspond à notre nature profonde – en dehors des modèles sociaux ou éducatifs appris ou hérités – en dehors des conditionnements ou des habitudes dans lesquels nous nous sommes « coulés », par facilité ou convention. Peut-être pour faire nôtre cette proposition de Nietzsche : Deviens ce que tu es.
Une quête qui sent l’évidence, la simplicité, la responsabilité, les valeurs humaines, l’altruisme, la sobriété, la nature, le terroir… Saurons-nous la rendre durable ?

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