Travail : comment s’y remettre ? (1ère partie : le constat)

Que vous soyez encore en télétravail, ou déjà retourné sur le lieu de votre activité professionnelle, force est de constater que l’enthousiasme, voire la motivation, ne sont pas toujours là. Même s’ils sont heureux d’être déconfinés, beaucoup de salariés témoignent de la difficulté à se remettre au travail, à reprendre le rythme, avec autant d’efficacité qu’avant. Un sujet que je vous invite à creuser en deux temps : le constat et les pistes à explorer.

Mais pourquoi a-t-on tellement de mal à s’y remettre ? Après des semaines de télétravail, qui pour certains ont été particulièrement productives, reprendre le rythme s’avère compliqué : sortir, utiliser sa voiture ou les transports, se remettre dans le cadre de son travail, recommencer les réunions, les plannings ou les objectifs… Pfffff…tout cela paraît fastidieux.
En télétravail, les journées paraissaient sans fin, et toutes identiques. Le déconfinement est venu mettre un peu de variété dans cette monotonie. Même si votre entreprise a fait le choix de ne vous faire revenir que partiellement au bureau, vous appréciez de pouvoir sortir librement (rappelez-vous : sans vous remplir à vous-même une autorisation écrite !), vous pouvez à nouveau rencontrer vos amis, et même certains de vos collègues que vous n’avez jamais été aussi heureux de voir. Si vos enfants sont retournés à l’école, vous pouvez même « mieux » travailler. Les choses semblent désormais plus faciles.
Pourtant, tout cela demande un effort : on est vite fatigués – voire las rien qu’à l’idée d’y penser, et on a la sensation de ne pas parvenir à retrouver le « niveau de travail » que l’on avait avant.

Le confinement : une immobilité inattendue
L’annonce du confinement a été, certes, sidérante mais elle a surtout provoqué un arrêt brutal de tout mouvement. Du jour au lendemain, nous avons été contraints à l’immobilité forcée. Une fois les premières peurs dépassées, la sécurité de nos foyers est venue conforter un sentiment de protection. Bien à l’abri dans nos cocons domestiques, la vie au travail pouvait continuer. Et nous ne nous sommes pas privés : réunions en Zoom, conf-calls, apéros virtuels… Les journées ont été plus que chargées. Si cette immobilité n’a pas été synonyme d’inactivité (à part pour certaines professions qui ne s’exercent que dans des lieux dédiés), l’absence de mouvement était bien réelle – et ça n’est pas une petite heure de marche quotidienne dans une périmètre limité qui a pu briser cette réalité.
Qui plus est, pendant cette période, nous avons balancé entre l’Eros et le Thanatos. Dans la théorie freudienne, ces deux « pulsions », qui fondent la vie psychique de l’humain, s’affrontent comme dans un balancier dont il faudrait trouver le juste équilibre. Or, pendant des semaines, nous avons aussi été enfermés dans le Thanatos, la pulsion de mort, qui nous était distillée de manière quotidienne : annonce des personnes en réanimation, statistiques des morts du Covid, et la kyrielle d’informations plus ou moins vraies, mais toujours affolantes, sur la progression de l’épidémie et les moyens d’y faire face – sans cesses contredits. De temps à autre, nous avons tous tentés de rebasculer dans l’Eros – la pulsion de vie – dans nos activités créatives ou sportives, nos joies, nos prises de conscience ou notre capacité à nous tourner vers la nature, mais la sensation profonde était que la mort était bien là, présente, et sans doute partout. Nous nous sommes arrêtés net, et cette immobilité a suscité une véritable perte d’élan, un émoussement de l’élan vital.

Le déconfinement : des sources de stress nouvelles
Hormis quelques fous qui se croient invincibles et multiplient les comportements à risque, la plupart d’entre nous a intégré que le déconfinement n’était pas synonyme d’arrêt de l’épidémie. On nous le répète chaque jour : le virus est toujours là. Ce même virus dont on nous a tenus éloignés pendant des semaines, et qu’il faut désormais côtoyer à l’extérieur.
Voilà bien une des sources de stress qui a fait remonter l’anxiété post-confinement : la contagiosité persiste, et le virus est potentiellement partout où nous allons : dans les transports en communs, et tous les lieux clos que nous fréquentons à nouveau (bureaux, magasins, restaurants, salles de cinéma… ). Quelle angoisse de devoir à présent affronter cet ennemi invisible !
Certaines personnes manifestent clairement le syndrome de la cabane : une difficulté extrême à quitter leur foyer, qui leur semble le seul lieu sûr. On ne saurait le leur reprocher, puisque c’est ce que l’on nous a martelé pendant des semaines.
La deuxième source de stress est constituée par l’obligation de rattraper le temps perdu. Car, même si bon nombre d’activités se sont maintenues, dans beaucoup d’entreprises des projets ont dû être différés, des événements reportés, des objectifs momentanément revus à la baisse… Et là, il faut remettre « un coup de collier » – et si possible rapidement. Certains se retrouvent à affronter une quantité importante de travail à faire – et à absorber dans un temps réduit. D’autres ont des objectifs précis – commerciaux ou financiers notamment – à atteindre sans délais. Au delà de l’effort que cela demande – avec une forme « d’effet entonnoir » – la peur insidieuse est naturellement de ne pas y arriver. De ne pas réussir à tout faire, à temps, et avec un résultat tangible, assorti de la satisfaction de sa hiérarchie, de ses collègues ou de ses clients. Alors, à quoi bon ? Comment commencer ce qui paraît irréalisable ? Une partie de l’année 2020 a disparu – et ce temps là, on ne le rattrapera jamais. Et tout ce que l’on fait, on l’engage avec la sensation d’un chronomètre qui tourne dans notre tête – ou d’une bombe qui décompte les secondes.

Vous me connaissez, je reste rarement sur un constat négatif ou sur un échec. Je vais donc vous proposer tout prochainement, dans un nouvel article, trois pistes pour reprendre le rythme.

Photo par You X Ventures sur Unsplash

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